Bilan 2025 – Une année pour apprendre à vivre autrement

Une vie privée chamboulée à nouveau, mais une passion apicole encore plus présente

Bilan 2025

Une année pour apprendre à vivre autrement

Alors que 2024 avait été mouvementée, j’étais prête à mordre à pleines dents dans 2025. Pleine d’élan. Pleine d’envies. Pleine de projets. Puis sont arrivés ces petits pétillements étranges...

...des paresthésies que l’on a d’abord prises pour un nerf coincé: trop de stress, trop de projets, trop d’années à tirer sur la corde. Il ne s'agissait pas de surmenage ou d'une faiblesse psychologique, mais d'un diagnostic.... : la sclérose en plaques.
Oui, les ennuis avaient décidé de s’installer encore un peu. Et cette fois, pour toujours.

Apprendre à vivre avec l’imprévisible 

Et un colocataire non désiré...

2025 m’a appris à vivre avec cette maladie auto-immune, imprévisible et sournoise.
À lever le pied et à trier ce qui est vraiment essentiel.

Une chose était non négociable : hors de question de lâcher l’apiculture tant que mes jambes me porteront. J'avais pourtant de nombreuses peurs et contraintes:

  • La perte de force.
  • L’image, terrifiante, de la chaise roulante qui attendrait au loin.
  • La crainte d’une fausse déglutition avec un risque "d'aller simple direct" parmi les étoiles.
  • Les adaptations à venir.
  • L’immunosuppresseur VS la foule, les microbes, les virus.

J’ai également vécu des contraintes réelles, plus discrètes, mais tout aussi déstabilisantes: ne plus savoir écrire lisiblement, ne plus pouvoir tenir un bic longtemps. Avoir du mal à garder un livre en main pour lire, ou même mon téléphone. Imaginer porter un cadre rempli d’abeilles ou porter une hausse : impensable ! J'ai aussi perdu en visibilité de l'oeil droit ce qui n'aide pas pour observer une colonie d'abeilles... J’avais vraiment peur… La fatigabilité était telle que rien que le trajet jusqu’à chez mes parents me mettait KO. Alors je prenais le temps de démarrer, lentement, un geste à la fois, ne pas trop exiger de la journée, fixer une seule toute petite priorité. Et sans vraiment m’en rendre compte, j’ai commencé à adapter mes gestes, mes habitudes, mes façons de faire. J’ai diminué mes exigences, j’ai appris ce que signifiait vraiment « un pas à la fois ». Je faisais le deuil de moi-même, j’encaissais petit à petit que mon quotidien ne serait plus jamais le même.

Petit à petit, j’ai appris à cohabiter avec ce colocataire imposé. À apprivoiser ce corps qui ne répond plus toujours. Cette fatigue écrasante qui débarque sans prévenir. Ces insomnies interminables. Et c’est en rédigeant ce texte que j’ai pris conscience de cette capacité de résilience qui fait ma force.

Le rucher comme point d’ancrage

Mon corps a vécu 2025 comme il vit les saisons.

Au printemps, j’ai repris les visites au rucher, lentement mais sûrement. La saison a démarré vite, fort, intensément. Et j’ai eu cette chance immense : être au bon endroit, au bon moment, à chaque fois. Encore une fois, ce sont mes abeilles qui m’ont permis de me relever. De continuer à avancer. Je me suis sentie plus utile que jamais. Plus efficace aussi, paradoxalement, parce que j’apprenais enfin à m’arrêter quand mon corps me disait stop.

Le miel a coulé à flot. Les ruches étaient populeuses, dynamiques. Les floraisons se sont enchaînées. Et la miellerie est devenue mon lieu de guérison. Les gestes, d’abord lents et maladroits, sans regard extérieur, sont devenus plus précis. Presque thérapeutiques. Comme de vraies séances de kiné, version apicole. Entre deux rendez-vous médicaux, je faisais mes exercices de renforcement musculaire en manipulant des hausses archi pleines.

En fin de saison, je suis même tombée à court de pots — alors que j’avais pourtant prévu large. Je me revois encore dire à mon fournisseur : « Cette année, je suis parée… et à l’heure en plus ! » Pendant que je remplissais la camionnette de papa jusqu’au-dessus du coffre.

Par moments, j’ai eu chaud sous ma tenue. J’ai transpiré à grosses gouttes. Et je me cachais avec bonheur dans la miellerie les jours de canicule.

Parlons-en justement, de cette miellerie

Elle a évolué, elle aussi. Les travaux ont continué in extremis, au rythme de la saison. C’est mon mari chéri qui a installé l’électricité et ajouté des prises un peu partout, pour plus de confort et moins de rallonges qui traînent. J’ai également eu l’occasion d’accueillir ma première table de travail en inox, ainsi que du petit matériel plus confortable. La miellerie évolue à son rythme. Lentement, mais sûrement.

Mon apiculture grandit

Je l'avais souhaité l'an passé dans mes objectifs, j'ai tenu la saison avec 20 ruches!

Retour à la bi-ruche

Longtemps couvée par mon parrain, c’est la 3e année que je me retrouve seule à prendre les décisions, mais épaulée par papa. C’est ensemble que nous avons fait remonter nos souvenirs pour remettre en place une pratique que j’ai souvent observée, dont j’ai entendu parler mon parrain avec beaucoup de  fierté. Et comme souvent quand on cherche à faire remonter les souvenirs, ils coincent. Puis ce printemps, les gestes et les conseils sont revenus. Une image, un mot, une phrase, un conseil…Les éléments ont repris forme, un à un. C’est ainsi que la biruche s’est imposée naturellement, dans la continuité d’une pratique transmise, observée, intériorisée, puis mise en œuvre au bon moment.

La biruche est une technique de division qui permet de multiplier (oui oui, vous avez bien lu...) le nombre de ruches sans perdre en efficacité de production, bien au contraire. J’y pensais depuis longtemps, sans jamais oser me lancer. 2025 m’a donné ce courage-là aussi.

L’expérience a été un vrai succès, autant sur le plan apicole que personnel. Tester cette méthode, c’était à la fois faire évoluer ma pratique et faire vivre les souvenirs de mon parrain… avec fierté.

Des rêves… et des limites

J’ai fait le choix de mettre les marchés en pause, au moins le temps d’apprivoiser ce nouveau compagnon de vie. À la place, j’ai ouvert l’Happy’Boutique tous les samedis, la peur au ventre. Peur de ne rien vendre et de n’accueillir que quelques amis.

Et pourtant, vous avez été là. Bien plus que je ne l’espérais.
C’est différent des marchés, oui. Mais tellement plus confortable, plus humain, plus doux de vous recevoir au calme, au chaud, en prenant le temps 😊

C’est aussi dans cette logique que sont nées les cartes de fidélité.
Une façon simple de remercier votre présence, tout en restant cohérente avec mes valeurs. Chaque pot vide et propre rapporté devient un point Happy. Un petit geste pour vous, mais surtout un geste concret pour l’écologie.

Le frelon asiatique : transformer l’abattement en action

À peine le temps de savourer cette stabilité retrouvée que le frelon asiatique est venu gâcher la fête dès la fin de l'été. J’ai d’abord été abattue. Puis, malgré tout, j’ai relevé les manches. Et là encore, vous étiez présents. Grâce à la vente des pièges, j’ai compris que je n’étais pas seule. Que vous étiez nombreux à vouloir agir, concrètement, efficacement. Ensemble, nous avons créé une nouvelle communauté autour de cette lutte : cliquez ici pour nous rejoindre.

Ce fléau m’a aussi mise face à mes limites. Mon temps et mon énergie ne sont pas extensibles. Même si la cause est majeure et urgente, j’ai trop donné, parfois, au détriment de ma santé. J’ai dû apprendre à m’arrêter, à mesurer mes forces, à accepter que je ne peux pas tout porter seule, encore moins sauver le monde! Mais je suis fière malgré tout d’être sortie de ma zone de confort. Cela m’a permis des rencontres riches, humaines, avec d’autres apiculteurs tout aussi passionnés.

Avec le soutien de BE21 et du GAL, puis en collaboration avec des apiculteurs et les communes de Blegny et Dalhem, des actions concrètes voient le jour. Le chemin est encore long, mais il avance.

La fin de saison : la récompense d’une année de travail

La période des fêtes est celle qui est la plus intense mais aussi celle qui signe le verdict de l’année. En fin de saison, j’ai pris le temps de retravailler ma recette de pains d’épices. Et ce fut une très belle surprise. Ce produit saisonnier et éphémère a rencontré un vrai succès, autant à fabriquer qu’à partager. Chaque semaine, son parfum embaumait la maison, devenant presque un rituel.

Le nouveau système de précommande mis en place m’a permis de mieux anticiper les moments de production et de limiter le gaspillage, un point qui me tient particulièrement à cœur.
C’est d’ailleurs grâce à ce produit qu’a pu naître ma collaboration avec Vrac and Go.

À l’approche des fêtes, ce sont aussi quelques colis de Noël qui ont trouvé leur place sous les sapins : un pot de miel, des bonbons eucalyptus ou citron, une sucette au miel, parfois une bougie… Des cadeaux simples, sains, responsables et naturels.

Mes lumières d'abeilles

J’ai longtemps cherché un concept de bougie qui me ressemble vraiment. Ces dernières années, vous avez pu les voir sous différentes formes : 100 % cire d’abeilles, parfumées, en contenant ou non… Et cette année, ce projet a enfin pris la forme que j’imaginais depuis longtemps.

Grâce à une collaboration qui me tenait à cœur, avec mon amie Muriel de chez Novani, sont nées des bougies rechargeables, durables, pensées pour s’intégrer naturellement dans votre intérieur.
Des tons doux et pastel pour le printemps, des couleurs plus chaleureuses pour l’hiver.
Un projet mené lentement, mais sûrement et qui va encore évoluer...

 

Une boucle qui se referme

J’ai clôturé cette année par une belle aventure aux Flâneries de Visé et à la 1e édition de Blegny.
Une petite revanche sur l’an passé, où j’y avais ressenti mes premiers symptômes sans comprendre ce qui m’attendait.

J’aime profondément ces expériences. Elles me permettent de rencontrer des artisans qui, comme moi, traversent des combats et vivent des réussites. Ces rencontres sont souvent une ressource précieuse, faite de compréhension mutuelle et d’élan partagé.

Et surtout… vous

Je ne dirai pas que 2025 a été une année facile. Elle s’est terminée comme les précédentes, par une nouvelle épreuve de deuil. Mon grand-père paternel a rejoint les étoiles le jour des 10 ans de mon fils. Charge émotionnelle lourde dans un contexte déjà chargé. Ce sont des défis dont je me serais bien passée… Mais il semblerait que c’est ça aussi, la vie. Un jour, peut-être que la roue tournera.

Et dans tout cela, ma plus belle récompense, c’est vous.

Vous qui êtes restés malgré les changements.
Vous qui venez parfois parce qu’un ami, un voisin, un proche vous a parlé de moi.
Chaque fois que l’un d’entre vous pousse la porte un samedi matin, mon cœur se remplit de joie.

Alors merci, du fond du cœur!

Je me réjouis de découvrir ce que 2026 me réservera.
Les défis seront sans doute encore tapis dans l’ombre.
Mais les projets sont bien là aussi et feront l’objet d’un autre article de blog.

 

Vous êtes au cœur de tout ce que je fais, et c’est grâce à vous que ce projet continue..

Cette année, ma signature prends encore plus de sens : prenez soin de vous et bee happy.

2 thoughts on “Bilan 2025 – Une année pour apprendre à vivre autrement

  1. Répondre
    Herkens - 18 janvier 2026

    Bonjour Madame,

    Je vous félicite pour votre travail et engagement malgré vos difficultés de santé !

    Il faut toujours croire en nos rêves car ils nous permettent d’affronter la réalité de la vie !

    Je reviendrai vers vous pour le miel 🍯

    Bon dimanche,

    Dominique Herkens

    1. Répondre
      jessica.copay - 21 janvier 2026

      Bonjour 🙂

      Un tout grand merci pour vos encouragements. En effet, toujours croire en ses rêves et se donner les moyens de les réaliser.

      Je vous recevrai avec un grand plaisir!

      Belle journée à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Scroll to top
You were not leaving your cart just like that, right?

Ne partez pas tout de suite...

Vous hésitez? Vous préférez réfléchir avant de valider vos achats? Saisissez vos coordonnées ci-dessous pour enregistrer votre panier pour plus tard. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas à me contacter par mail : happycultrice.saive@gmail.com A bientôt.

fr_FRFrançais